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Article 6 : planification de la retraite | baby steps

Nous avons couvert des sujets très intéressants allant de la budgétisation, la gestion de l’épargne jusqu’à l’imposition et l’achat de bien immobilier. Tous ces sujets sont des points clés de la vie de tout un chacun. Les populations vivent plus longtemps et le financement des retraites pèse de plus en plus sur le budget des Etats. L’initiative personnelle concernant la prévoyance de la fin de vie est plus urgente que jamais même si vous planifiez de déménager en Thaïlande après votre retraite.

Notre but aura donc été de démontrer en quoi une bonne connaissance de la finance personnelle et des impôts peut permettre d’atteindre des projets de vie à l’aide d’une prise de conscience financière. Nous finirons donc cette section avec la retraite..

Table des matières:

Le système des 3 piliers

« Un franc d’aujourd’hui n’est pas égal à un franc de demain »

Nous avons à plusieurs reprises parler du 3e pilier et un peu de la caisse de pension 3e pilier.

Faisons un petit récapitulatif du fondement de ce système. Ainsi depuis 1972, le principe des 3 piliers est inscrit dans la constitution helvétique. Il se base sur « la combinaison d’une assurance publique du minimum vital, d’une prévoyance professionnelle impliquant la participation de l’employeur, et d’une prévoyance individuelle fiscalement privilégiée ».

Le 1er pilier

Dès le départ à la retraite ou en cas d’invalidité ou décès, l’AVS/AI garantissent le minimum vital à vous ou vos proches – si décès survient. Ce pilier garantit par l’Etat vise donc à protéger toutes les personnes résidant et travaillant en Suisse.  

Une idée de solidarité est sous-jacente à ce principe dans la mesure où les plus riches contribuent plus que ceux qui gagnent moins d’argent. Toutefois, cette solidarité ne suffit et tend à peine à couvrir les besoins vitaux. A cette couverture étatique se joint donc une couverture professionnelle – 2e pilier.

Le 2e pilier: la caisse de pension

Ce deuxième pilier vient en renfort au 1er et est lui financer par la caisse de pension de l’employeur – l’employeur et le salarié contribuent. Nous en avons brièvement parlé dans l’article 4 en énonçant les charges patronales et les charges salariales qui constituent les charges sociales partagées par l’employeur et l’employé. Toutefois 2017, un intérêt de 1% sur le capital offre une opportunité de capitalisation, ce qui est très intéressant.

Assez de bavardage, voyons concrètement tout cela en analysant un certificat type de la caisse de retraite 😊

Pour la lecture plus interactive, nous tenterons de répondre à certaines questions amusantes.

Quelle est masituation actuelle ?

Le salaire assuré correspond au salaire annuel moins la déduction de coordination (soit 7/8e de la rente AVS maximale).

Quelle est la contribution faite  à ma caisse de pension ?

Vous obtenez un aperçu de de la contribution totale faite dans votre 2e pilier. « la charge du collaborateur » représente la contribution du salarié.

Pourrais-je profiter de mon niveau de vie actuelle à la retraite ?

Ces deux questions émergent très souvent et assez rapidement surtout que beaucoup souhaitent profiter de leur vigueur restant pour s’adonner à des activités diverses.

Pourrais-je  me permettre une retraite anticipée ?

Eh bien, ceci vous donne un aperçu de votre rente de retraite et vous permet de mieux planifier votre retraite anticipée.

NB : une astuce pour augmenter sa rente juste avant la retraite est d’effectuer des rachats dans le 2e pilier (i.e. versements pour combler les lacunes de cotisations) ce qui permet de bénéficier d’exonérations d’impôts de la même manière qu’avec le 3e pilier.

En cas de décès ou d’invalidité, qui s’occupera de mes proches ?

Eventuellement, vous disposer de renseignements par rapport à votre rente en cas d’invalidité ou à celle de vos proches en cas de décès. Une assurance-vie peut servir .

Un jour propriétaire de la maison de mes rêve ?

Les versements anticipés existent pour encourager à la propriété. Ainsi, cette somme pourra vous permettre d’amortir une dette hypothécaire si besoin est.

Le «degré de couverture de la fondation de prévoyance pour le personnel » renseigne quant à l’état de santé de votre caisse de pension. Avoir un degré supérieur à100% suggère que vous n’avez pas à vous inquiéter. Toutefois, s’il est tout juste de 100%, cela indique que vous êtes à peine couvert !

La gestion de la dette : faut-il amortir sa dette hypothécaire ?

Certaines frayeurs qui poussent à se précipiter au remboursement de la dette hypothécaire lors de l’approche de la retraite. Toutefois, peut-on voir les choses autrement ?

Viabilité ou flexibilité ?

La viabilité d’une hypothèque résulte d’une comparaison entre les revenus et les coûts (intérêts sur la dette, frais d’entretien …). La viabilité est dite atteinte lorsque les coûts représentent moins de 33% des revenus. Reporter vous à l’article 4 pour plus d’information sur l’emprunt immobilier 😊

Ainsi à la retraite, vos revenus diminuent mais vos coûts ne diminuent pas forcément. Prenons l’exemple ci-dessous d’un amortissement indirect où l’emprunteur a maintenu son niveau de dette jusqu’à la retraite. Ce dernier fait face aux questions suivantes :

  • Faut-il amortir partiellement ou complètement pour assurer la viabilité ?
  • Et si un imprévu survenait et que pourrais-je faire si je n’ai pas assez de liquidité?

{En bref, viabilité ou flexibilité ?}

NB : la décision de devenir propriétaire doit être faite très tôt pour s’assurer un confort en fin de vie.

Amortir complètement ou non ?

Si vous avez lu notre article précédent, vous devez savoir que maintenir un certain niveau d’endettement permet d’obtenir des déductions fiscales. Selon vous, même après, serait-il raisonnable d’amortir complètement son hypothèque ?

Considérons l’exemple ci-dessous.

 Un amortissement n’est rentable que lorsque les économies résultantes compensent la charge fiscale supplémentaire.

  • Dans la mesure où vous financez l’amortissement par des fonds issus d’un placement, il faudra également considérer la différence de rendement résultante du retrait des fonds.

Le placement immobilier comme revenu complémentaire

Toutefois, il ne suffit pas de juste considérer les coûts et les revenus prévisionnels pour attester de l’opportunité de l’investissement. Jeter un coup d’œil au graphique ci-dessous.

Il faut aussi savoir que :

  • Le succès dépend du marché
  • Les profits peuvent fluctuer en raison d’une vacance éventuelle du bien
  • Les recettes locatives sont imposées
  • Le capital est lié sur le long terme d’où un manque de flexibilité

Il y a donc des risques inhérents un tel projet. Il faudra donc bien scruter le marché  et bien sélectionner l’emplacement du logement. Les habitations rurales présentent souvent des gains en valeur relativement plus importantes.

 Par exemple, selon investissement-locatif.ch, le rendement locatif à Lausanne (~4%) est inférieur à celui de l’ouest-lausannois (~4.5%) et lui-même inférieur à la périphérie vaudoise (>5%). Cela pourrait paraître bizarre mais il faut rappeler qu’en investissement, on cherche à retirer le maximum tout en immobilisant le moins d’argent possible (il faut rester flexible). En l’occurrence, Lausanne souffre de son attractivité faisant que les prix d’achats y sont plus élevés.

NB : une possibilité est de passer à travers des fonds de placement ou bien d’envisager la copropriété.

Brought to you bY

Fadel Mamar Seydou

Bibliographie

Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève. (n.d.). Système des 3 piliers.

Investissemnt-locatif.ch. (n.d.). Rendement locatif immobilier.

News prévoyance UBS. (2019). Assumer financièrement.

Raiffeisen. (n.d.). Rachat dans la caisse de retraite du pilier 2a.

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Article 4: l’emprunt immobilier

Il arrive un moment où l’on se retrouve exaspérer de devoir côtoyer certains bailleurs peu aimables et que l’on décide de devenir propriétaires par exemple. A ce moment, vous pouvez exploiter votre budgétisation bien huilée et vous aventurer dans l’univers des dettes hypothécaires. Dans le cas contraire, vous viendrez relire nos articles 😉.

 

Table des matières:

La valeur de l'argent au fil du temps

« Un franc d’aujourd’hui n’est pas égal à un franc de demain »

Tout d’abord, nous aborderons le sujet  la « valeur de l’argent au fil du temps » qui semble être éloigné de celui de l’emprunt immobilier.

Rappelez-vous que lorsque vous décidez d’aller auprès de votre banque pour obtenir un prêt, cet argent sera remboursé sur une certaine durée déterminée. Dans une optique de mieux comprendre le système bancaire et ne pas tomber dans une anxiété liée au dilemme de l’agence (cf. article 2), il sera intéressant de mieux comprendre les principes régissant le remboursement des dettes. En particulier si vous décidez d’opter pour un amortissement indirect, comprendre le pouvoir de la  capitalisation des intérêts de votre dépôt de prévoyance sera un grand atout.

Capitalisation et actualisation

Dans l’article 2 [section compte d’épargne], nous avons illustré le principe de la capitalisation des intérêts et ce dernier était plutôt intuitif.

  • Un petit rappel : votre compte épargne génère des intérêts qui se rajoutent à votre capital et qui participent à générer d’autres intérêts (ainsi de suite..). Ainsi, vous pouvez prédire vos gains futurs en appliquant le principe de capitalisation.

Le principe d’actualisation vous permettra de faire le chemin inverse.

La capitalisation vous permet donc d’obtenir la valeur future de vos gains, connaissant le taux de rendement de votre placement ou bien le taux d’intérêt auquel votre compte épargne est assujetti, par exemple.

Le coût de l’emprunt VS coût d’opportunité

Une différence important existe entre le taux d’actualisation et le taux d’intérêt. Bien que les deux soient reliés au coût du capital, ils le sont de différentes manières.

Le taux d’intérêt est le coût de l’emprunt pour le demandeur tandis que le taux d’actualisation représente un coût d’opportunité  ou un coût de financement et est lui utilisé pour déterminer la valeur actuelle d’une somme d’argent.

Application du principe d’actualisation 

Valeur actuelle d’une rente constante à l’infini

Passons un peu plus de temps sur le concept d’actualisation qui peut être moins intuitif.

Alors, Mr Mamar possède un studio qu’il hésite à mettre en location ou  vendre pour ensuite réinvestir. Dans cette optique, il souhaite déterminer le cumul des loyers perceptibles à l’infini.

Supposons qu’il a un studio qui lui rapporte 20’000CHF chaque année, qu’elle est la valeur actuelle de ce bien supposant que ce dernier restera toujours en service ?

Nous allons supposer un coût d’opportunité de 9% qui représente le rendement annuel promis par Machiavel , désormais CEO, dans la mesure où Mamar investirait l’équivalent de la valeur de son studio dans l’entreprise, The Prince Chocolate maker, de ce dernier.

Nous verrons ici un extrait du calcul fait par Monsieur Mamar pour l’aider à effectuer sa décision (vendre et investir ou garder et percevoir ses loyers).

NB : Notez bien que ceci est la valeur actuelle du logement et non la valeur du logement. Le processus d’évaluation de la valeur du bien ne sera pas abordé. Nous allons supposer qu’un expert a fait le travail pour nous en nous donnant le loyer annuel perceptible.

Une petite réflexion : pourquoi la valeur actuelle de ce logement ne correspondrait pas à la somme à l’infini du loyer annuel perçu ?

Disons que vous hésitez entre plusieurs appartements et que vous connaissez les loyers annuels perceptibles de chacun de ces logements ainsi que d’autres coûts à prendre en compte.

  Comment feriez-vous pour choisir le meilleur logement, dans l’objectif d’un investissement ?

Sans l’utilisation du taux d’actualisation, on se retrouverait à comparer des projets qui à l’infini, par exemple, généraient des bénéfices infinis. Dans un cas pareil, le taux d’actualisation permettra de distinguer différents projets entre eux.

Comment détermine-t-on le taux d’actualisation ?

Le taux d’actualisation est très important pour les investisseurs car il leur permet de déterminer les projets rentables (grosso modo).Un exemple sera plus parlant. Nous savons qu’une entreprise dispose d’actionnaires qui ont des exigences de rendement et éventuellement d’exigences de leur banquier (taux d’intérêt du prêt).

Pour choisir les projets dans lesquelles une entreprise investira, il faut repérer les projets qui leur permettent de remplir ces exigences. Ainsi, lors du traitement de différents projets, le coût du financement de l’entreprise  (qui prend en compte l’exigence des actionnaires et des banquiers) sera utilisé comme taux d’actualisation.

NB : pour les plus curieux, le coût du financement est obtenu à travers la formule du coût moyen pondéré du capital.

Comment obtient-on un prêt immobilier en Suisse ?

Réunir les fonds nécessaires

Il faut savoir que les banques ne prêtent qu’à hauteur de 80% de la valeur du bien, il faut donc disposer d’au moins 20% en fonds propres. Ces fonds propres peuvent provenir de :

  •  votre compte de prévoyance 2e pilier (caisse de pension) au maximum 10% en apport.
  • Votre compte de prévoyance 3e pilier (cf. article 2 section Comptes de prévoyance)
  • Autres épargnes.

NB : Il faut retenir que la somme annuelle des charges (coût annuels ci-haut) doit être inférieure à 1/3 de votre revenu annuel brut. De plus, des frais de notaire de 3-5% de la valeur du bien sont apprendre en compte !

Qu’est-ce qui se cache derrière le taux théorique de 5% ?

Le taux d’intérêt théorique de 5% n’est pas le taux réel auquel l’on emprunte, les taux sont actuellement plus bas – entre 1 et 3% généralement. Ce taux est utilisé pour évaluer la capacité d’emprunt  et également de protéger l’emprunteur dans l’éventualité d’une hausse des taux.

L’hypothèque de 1er et 2e rang

« Pour plus de sécurité, le prêt hypothécaire est divisé en deux parties dites dette de 1er et 2e rang. le 1er rang couvre 65% de la valeur d’achat et le 2e rang 15%.

La durée de l’amortissement est plus courte pour le 2e rang qui doit être remboursé en 15 ans maximum et, dans tous les cas, avant l’âge de 65 ans. Les taux d’intérêts pour le 2e rang sont également plus élevés. » Crédit agricole Next Bank

Les taux hypothécaires

Il existe des taux hypothécaires fixes et variables. Les taux fixes permettent de se prémunir contre une augmentation des taux d’intérêt ce qui offre une marge de manœuvre sur le plan budgétisation. 

Par contre, les taux fixes ne permettent pas de bénéficier d’une éventuelle chute des taux, comme le permettent les taux variables. Ainsi, selon votre profil hypothécaire vous pourrez choisir une des deux options ou bien les combiner afin de diversifier vos risques.

L’impôt sur la valeur locative

La valeur locative fait augmenter la charge fiscale des propriétaires fonciers car elle s’additionne au revenu imposable.

« La valeur locative correspond à environ 60 à 70% du montant qu’un locataire aurait à payer par an, pour son logement [… ] La valeur locative est considérée comme un revenu en nature

Cela signifie que le propriétaire ne perçoit pas de revenu monétaire sous forme de loyer, mais qu’il réalise néanmoins une recette d’utilisation en habitant lui-même dans son bien immobilier. » Raiffeisen Casa

Remboursement de l'emprunt

Amortissement constant, remboursement in fine et annuité constante…

Un petit aparté sur le calcul de l’annuité constante

Le remboursement par annuité constante offre la possibilité d’anticiper ses dans une certaine mesure (en fonction de si l’on a opté pour un taux d’hypothèque fixe ou variable) et de mieux gérer sa budgétisation. Nous allons donc nous attarder un peu sur ce dernier et expliqué comment s’effectue le calcul.

Un remboursement par annuités constantes indique que vous payerez chaque année une somme fixe (y compris les intérêts) à votre prêteur.

Cette formule représente en réalité la somme d’une suite géométrique. Reprenons la formule de la valeur actuelle et tout sera clair.

L’amortissement direct et l’amortissement indirect : les deux stars

L’amortissement direct et indirect diffèrent du point de vue de l’évolution de la dette. En préambule, vous pouvez retenir que les intérêts liés à votre prêt hypothécaire sont déductibles de votre revenu imposable. Prêter donc attention à la manière donc les intérêts vont évoluer.

  • Amortissement direct

Dans ce type de remboursement, le but sera de réduire la dette hypothécaire d’un montant fixe chaque année. Pour un prêt accorder sur une durée de 15 ans, on pourrait ainsi décider de rembourser le 15e de cette dette chaque année. 

Toutefois, les intérêts ne resteront pas identiques. Rappelez-vous que les intérêts sont calculés sur la dette, donc si cette dernière diminue en même temps que les intérêts (on supposera un taux d’intérêt fixe).

Une réduction des intérêts hypothécaires signifie une augmentation de votre revenu imposable aussi peu soit-il.

  • Amortissement indirect 

Dans ce cas ce qui arrive est que le niveau de la dette est maintenu stable pendant toute la durée du prêt et le remboursement est effectué à la fin en une fois. L’avantage de cette méthode est que l’on bénéficiera de déductions fiscales stables pendant toute la durée car les intérêts à payer seront prévisibles

Une des manières d’effectuer ce type de remboursement est à travers une assurance-vie ou un compte ou dépôts de prévoyance 3e pilier. Dans le cas d’un versement dans un dépôt de prévoyance 3e pilier, les avantages sont multiples:

  • Les intérêts dégagés par vos placements liés à votre dépôt 3e pilier ne sont pas imposés (i.e. fortune de prévoyance n’est pas concernée par l’impôt sur la fortune.).
  • Les primes versées dans le comptes seront déductibles du revenu imposable jusqu’à hauteur de montant maximum.
  • Les intérêts hypothécaires sont déductibles de votre revenu imposable.
  • Le montant de la dette hypothécaire est déductible de votre fortune fiscale (i.e. impôt sur la fortune).

Néanmoins, le capital versé dans le dépôt de 3e lié pour un amortissement immobilier est imposé séparément à un taux inférieur.

L’amortissement direct et indirect diffèrent du point de vue de l’évolution de la dette. En préambule, vous pouvez retenir que les intérêts liés à votre prêt hypothécaire sont déductibles de votre revenu imposable. Prêter donc attention à la manière donc les intérêts vont évoluer.

  • Amortissement direct

Dans ce type de remboursement, le but sera de réduire la dette hypothécaire d’un montant fixe chaque année. Pour un prêt accorder sur une durée de 15 ans, on pourrait ainsi décider de rembourser le 15e de cette dette chaque année. 

Toutefois, les intérêts ne resteront pas identiques. Rappelez-vous que les intérêts sont calculés sur la dette, donc si cette dernière diminue en même temps que les intérêts (on supposera un taux d’intérêt fixe).

Une réduction des intérêts hypothécaires signifie une augmentation de votre revenu imposable aussi peu soit-il.

 

Petite comparaison entre ces deux méthodes de remboursement.

 

Prenons l’exemple d’un couple marié ayant un revenu imposable annuel de 150’000CHF et imposé à un taux de 38,5%, possèdent une dette hypothécaire de 134’000CHF à un taux de 1,5% sur 15 ans.

NB : par simplicité nous, nous allons considérer que la valeur locative de l’appartement a été incluse dans les 150’000CHF.

Take home

Faut-il rester locataire ou devenir propriétaire ?

Voici une petite piste de réflexion.

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Fadel Mamar Seydou

Bibliographie

Bonus.ch. (n.d.). Amortissement direct et indirect.

Fürstenberger, D. (2020). Le b. a.-ba du. UBS.

Merritt, C. (2018). Interest Rate Vs. Discount Rate. PocketSense.

Raiffeisen Casa. (n.d.). La valeur locative en toute simplicité.

Rhyn, L. (2020). Amortissement direct ou indirect – l’amortissement qui vous convient. Credit Suisse.

 

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Article 3: un aperçu de la fiscalité suisse

Dans notre précédente édition, nous avions essayé d’aborder, à travers la prévoyance, le thème de l’économie d’impôt sans toutefois toucher du doigt l’épineux problème de l’imposition.

Il s’agira donc, cette fois-ci de cerner l’«imposition » du point de vue des salariés et des entreprises. Mais bien avant cela, nous essayerons d’élucider un tant soit peu le système fiscal helvétique.

PS : lisez lentement et prenez le temps de méditer.

 Let’s dig in !

Table des matières:

"Fifty shades of taxes"

Comprenons la politique fiscale suisse.

En contrée helvétique, l’imposition figure à 3 niveaux différents. Ainsi, pour éviter la double imposition ou des impositions trop élevées, la constitution fédérale octroie à chacun son domaine d’exercice.

Les cantons agissant indépendamment les uns des autres, Il existe 26 lois fiscales cantonales différentes. De même, au niveau communal, il peut également y avoir des différences étant donné que les impôts communaux peuvent différer.

Disparité de la charge fiscale et péréquation sur les ressources

Bien qu’il y ait eu harmonisation du système fiscal fédéral – par le biais de la Loi fédérale sur l’Harmonisation des Impôts Directs – il existe une disparité fiscale au niveau cantonale. En effet, il est du ressort des cantons de fixer les barèmes, les taux et les montants exonérés d’impôt. La charge fiscale n’est donc pas identique sur le territoire et ceci pourrait rendre certains cantons plus attractifs que d’autres.

 

Certaines mesures – faisant partie de la péréquation financière- visent à atténuer les disparités financières  en jouant sur la concurrence fiscale inter-canton. La péréquation financière fonctionne de la manière suivante :

  • Le confédération (péréquation verticale) et les cantons à fort potentiels (péréquation horizontale) versent des compensations aux cantons à faibles potentiels. Une mise en pratique du principe de l’équité.

« Le but étant que tous les cantons disposent de moyens financiers par habitant à hauteur de 85 % au moins de la moyenne suisse ».

Ainsi l’indice de ressource, représentant le potentiel fiscal exploitable, est utilisé pour effectuer des compensations et redistributions (i.e. péréquation).

Les cantons les plus attractifs :

  • Les cantons de Zoug, Schwyz, Obwald, Appenzell Rhodes-Intérieures, Nidwald et Uri. ont une pression fiscale inférieure à 30%.
  • Le canton d’Uri possède un taux d’imposition de 25,61% qui est statique et indépendant du revenu, ce qui n’est pas courant.

Néanmoins ce n’est pas toujours rose même pour les plus fortunés. En effet, suivant le principe de l’équité, l’impôt fédéral direct (max 11.5% du revenu) est supporté à environ 80% par les 20% des contribuables aux revenus les plus élevés.

 

Quels impacts sur les salariés et les entreprises

La Suisse: paradis ou enfer fiscal pour les salariés moyens?

Pour répondre à cette question, nous allons devoir introduire la notion de quote-part fiscale.

  • Quote-part fiscale : « indicateur de politique financière qui fournit la part de la création de valeur ponctionnée par le fisc – impôts, taxes, prélèvements- par rapport au produit intérieur brut (PIB). »

Ainsi, la quote-part fiscale  donne un aperçu du poids de l’imposition dans le financement des tâches étatiques.  Toutefois, un petit problème survient au niveau de la méthode de calcul de cette quote-part fiscale. L’OCDE (Organisation for Economic Co-operation and Development) applique une méthode qui ne prend en compte que les prélèvements effectués directement par l’Etat et non les cotisations obligatoires en faveur des institutions privées (assurance maladie, caisse de pension etc.) qui sont très importantes en Suisse. Nous arrivons donc au résultat suivant :

En prenant en compte toutes les cotisations obligatoires (Suisse** dans le graphe ci-dessus), la Suisse n’est qu’un « eldorado » apparent! La charge fiscale effective que supporte le salarié n’est donc pas si négligeable !

Néanmoins, vous me direz qu’avec la disparité fiscale entre les cantons il est possible de trouver un canton où l’on pourrait faire baisser cette pression fiscale, et vous n’aurez pas tort! Mais dans les faits, loin de là, car la Suisse a présenté le 2e plus grand taux de croissance  de la quote-part fiscale effective (inquiétant ?) parmi les pays membres de l’OCDE entre 1990 et 2013. On aura noté une croissance de 6% pour la Suisse, 4% pour la France et –4% pour l’Irlande par exemple pour la même période.

En quoi la Suisse propose-t-elle un régime fiscal intéressant pour les entreprises ?

  • Des coûts salariaux relativement faibles

Une autre chose intéressante à savoir est qu’en Suisse, vous coutez moins cher à votre employeur qu’en France par exemple, en termes de charges sociales.

« En France, pour un salaire de 2 000 euros bruts par mois, les charges patronales s’élèvent à environ 42 % et les charges salariales à environ 22 %. En revanche, pour un salaire suisse de 6 000 CHF bruts par mois, ces dernières sont en moyenne et respectivement de 28.9% et 14.7 %. »

Exemple :

Donc pour verser un salaire brut de 6000CHF (d’équivalent en euros) en France, votre employeur devra payer 2520CHF de charges patronales (caisses de pension et autres cotisations) tandis qu’en Suisse ce dernier payerait 1734CHF (réduction de ~31%).

NB: Charges sociales= Charges patronales (pour l’employeur) + charges salariales (employés).

  • Une imposition intéressante qui aide la performance des entreprises

Une entreprise possède des actionnaires qui reçoivent des dividendes provenant de l’activité de cette dernière et donc exercent des pressions sur la direction de l’entreprise. Pour percevoir des dividendes plus élevées, vous conviendrez qu’il faudra dégager des bénéfices nets d’impôts plus élevés

Il apparaît donc qu’une manière d’optimiser le rendement d’une entreprise est de diminuer ses charges qu’elles soient fiscales ou salariales. Dans le cadre des charges fiscales, être soumis à un régime fiscal plus léger (moins de taxes) peut-être une solution intéressante. C’est effectivement ce que nous allons aborder.

Comme vous pouvez le voir dans les graphiques ci-dessous, la Suisse se positionne mieux en termes de taux d’imposition des entreprises de 17.1%  et de TVA (taxe sur la valeur ajoutée) de 7,7%.

NB : il faut aussi savoir que les multinationales suisses et étrangères contribuent à la création de 25 à 30% des emplois en Suisse et contribuent pratiquement au 1/3 du PIB. Vous comprenez donc que la fiscalité des entreprises est un enjeu national en Suisse car il faut maintenir les entreprises sur place.

  • Une nouvelle réforme fiscale qui relance la concurrence fiscale intercantonale

Dans une volonté de se conformer aux normes internationales tout en restant attractif, une nouvelle réforme fiscale a été votée en mai 2019 mettant fin à des taux préférentiels accordés à des sociétés à statuts particuliers ( e.g. holdings) mais proposant de nouveaux allègements. Ainsi, Cette réforme accordera plus d’ exonérations aux entreprises opérant dans la recherche et le développement en incitant les cantons à réduire leurs taux d’imposition ordinaires pour rester attractifs. 

Désormais, toutes les entreprises subiront les mêmes réglementations fiscales et les multinationales, par exemple, ne bénéficieront plus d’avantage fiscal qu’elles possédaient sur les sociétés ordinaires, ce qui explique aussi réduction du taux d’imposition ordinaire.

La réduction sur les taux d’imposition ordinaire due à la nouvelle réforme  est visible ci-dessous.

Machiavel optimises ses obligations fiscales

“Politics have no relation to morals.”

Niccolò Machiavelli

Notre cher étudiant est désormais alumni et s’apprête à franchir le pas. Toutefois, sachant qu’il prendra part à un graduate program de deux ans et qu’il ne sera pas énormément rémunéré, il cherche une solution pour sa résidence fiscale.

 Il sait qu’il percevra 40000CHF par an ce qui s’annonce très dur et qu’il fera un tournus dans les différents locaux de l’entreprise The Prince qui l’embauche. Ainsi, il sera amené à prendre le train principalement en contrée romande et alémanique.

Récapitulatif du profil
Première considération : charge fiscale moyenne sur le revenu

Sachant qu’il n’aura pas à faire de déclaration d’impôt car il gagne moins de 120’000CHF par an, son imposition se fera à la source ce qui simplifie légèrement sa vie.

Impressionné par les chiffres, ce dernier opte pour le canton de Zug mais souhaite regarder un peu plus en profondeur et entame un calcul un peu plus détaillé en comparant avec sa ville de cœur qu’est Lausanne.

Stimulateur fiscal

Les chiffres auront eu raison de cher Machiavel  et ce dernier est déjà en partance pour le canton de Zug !

La tire-lire de Machiavel, quelques mois plus tard !

Take home

Une analyse très intéressante faite par le Crédit Suisse permet de saisir l’attrait des différents cantons suisses autant pour les salariés que les entreprises.

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Fadel Mamar Seydou

Bibliographie

AFC, A. f. (2019). Le système fiscal suisse.

AmediaFiduciaire. (s.d.). Structure du système fiscal suisse. Récupéré sur https://fiduciaire-suisse.com/blog/structure-du-systeme-fiscal-suisse/

arthur, L. (2001). Quote-part fiscale et quote-part de l’Etat. Comparaisons internationales.

EconomeSuisse. (2014). Quote-part fiscale : La Suisse, un eldorado à première vue seulement.

Enterprise, S. G. (2019). La fiscalité des entreprises.

Plüss, J. D. (2019). Switzerland losing attractiveness for multinationals. SwissInfo.

Talerman, D. (2014). Comparaison entre une feuille de salaire suisse et française.

 

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Article 2: gestion de l’épargne & comptes bancaires

Notre cher étudiant Machiavel est plutôt fier de la gestion de ses sous (cf. voir article 1). Désormais, il se demande quel type de compte bancaire lui conviendrait-il pour tirer le meilleur avantage de sa budgétisation. Toutefois, il a récemment lu un article sur internet traitant du dilemme des agences. Il est anxieux et ne sait plus quoi faire ☹ !

PS : lisez lentement et prenez le temps de méditer.

 Let’s dig in !

Table des matières:

Fonctionnement des banques de dépôts

Qu’est-ce qui se cache derrière le dilemme des agences ?

C’est un dilemme assez simple. Il survient lorsqu’un agent détient un pouvoir décisionnel sur les biens d’un autre(le principal). Par exemple, celui qui investit et confie donc son argent à un manager peut craindre que les intérêts de ce dernier(augmenter son salaire) ne priment sur les siens. C’est identique lorsque vous allez chez le mécanicien et que ce dernier décide de réparer à moitié pour pouvoir vous facturer une 2e fois.

Ce dilemme est inclus dans la théorie de l’agence qui vise à expliquer le fonctionnement des entreprises et tente aussi de résoudre les conflits d’intérêts entre actionnaires et managers.

Ce dilemme est donc partout ! Cela pourrait expliquer l’idée répandue selon laquelle « les banques prêteraient nos épargnes et se feraient ainsi de l’argent sur notre dos ».Quoique…

Savez-vous maintenant ce qui a rendu Machiavel anxieux ?

Aperçu général

Alors, a-t-on vraiment besoin des banques (on ne considèrera que les banques de dépôts i.e. UBS, Crédit Suisse …) ? Je vous laisse y réfléchir un instant…

 Les banques permettent (entre autres) de faciliter la circulation de la monnaie dans l’économie via la gestion des moyens de paiement que ce soit entre particuliers, ou entre les entreprises. De plus, elles servent d’intermédiaires entre ceux qui ont de l’argent qui dort (épargnes) et ceux qui ont besoin de financement (particuliers, entreprises, Etats, banques…). 

D’ailleurs, nous parlerons de cette médiation en abordant les dépôts de prévoyance. Son principal gagne-pain se trouve dans l’octroi des prêts, moment de création de la monnaie (nous parlerons de la création ex-nihilo plus tard 😉).

Ainsi, le principal revenu des banques provient de l’octroi de crédits grâce à la présence de dépôts.

 

Figure 1 Création monétaire (IEPF, 2020)

Cependant, qu’adviendrait-il d’une situation de récession bancaire ? ☹

Ne vous inquiétez pas, tout est réglementé ! D’ailleurs, une garantie bancaire existe en Europe et en Suisse protègent les clients en cas de faillite de la banque. Au sein de l’Union Européenne, les comptes épargnes et courants sont couverts jusqu’à hauteur de 100’000EUR (et 100’000CHF en Suisse) toutefois cela peut changer, il serait donc intéressant de contrôler la garantie de dépôt dont vous jouissez auprès de votre banque.

De plus, une banque ne peut prêter de l’argent comme bon lui semblerait. Depuis les accords de Bâle (2004 et 2010), les banques sont tenues de posséder un minimum de fonds propres (différent de votre épargne). De plus, Il existe un taux de réserve obligatoire fixé par la banque centrale (dans certains pays) qui oblige les banques à maintenir une portion de nos épargnes.

Au regard du principe de fonctionnement bancaire, nous voudrions appeler l’attention du  lecteur afin de l’amener à établir sa « stratégie bancaire » pour que son argent travaille un peu plus pour lui. Sympas, n’est-ce pas ?

            Spoiler alert : nous n’irons pas jusque-là mais nous tenterons de vous orienter sur les possibilités qui existent afin que vous trouviez the best bargain that matches your needs (un peu d’anglais pour faire class 😉).

Prévoyance & économies d’impôts
Figure 2: Schéma récapitulatif

Quelque commentaires :

Dans le système ci-dessus, il manque l’AVS (l’assurance vieillesse et survivants obligatoire) qui est le 1er Ainsi, le 2e pilier (résultant d’une activité professionnelle) et le 3e pilier (volontaire) viennent compléter le 1er pilier pour épauler en cas de retraite où d’invalidité.

 L’économie d’impôt survient de 2 choses. D’abord, ces deux pilier (2e et 3e) y compris les intérêts qu’ils dégagent sont exonérés d’impôts jusqu’à la retraite (ou retrait) et bénéficie à ce moment d’une réduction sur le taux d’imposition. Le 2e point est que si vous faites des versements annuels (maximum 6826CHF/an).

actuellement), ces derniers pourront se déduire de votre revenu taxable.

NB : Prenez contact avec votre banque pour en savoir plus, selon que vous habitez en Suisse ou pas. En effet, il existe également des possibilités de retrait de vos avoirs avant la retraite, éventuellement pour celui qui quitterait définitivement la Suisse. Pour plus d’infos, cliquez-ici😉

Nous réexpliquerons ces concepts lors de la dernière partie de cet article. Entre-temps, introduisons le mécanisme d’économie d’impôt due à la prévoyance.

Capitalisation des intérêts & économie d’impôt grâce à la prévoyance

Pourquoi commencer à placer tôt son argent ?

Tout d’abord, parlons des taux d’intérêts!

Il existe une pléthore de taux d’intérêt, raison pour laquelle nous allons nous intéresser plus à leurs implications sur nos finances qu’à leurs définitions littérales!

  • Que signifient ces taux d’intérêt ?

D’une manière très simple, les taux d’intérêt fixés par les banques de dépôt représentent d’une part la rémunération pour le risque qu’elles prennent lorsqu’elles vous prêtent de l’argent et d’autre part le coût d’emprunt pour le demandeur. Vous recevez donc également des intérêts lorsque vous « prêtez votre argent » à la banque (compte d’épargne).

Parmi les autres facteurs (inflation…) pris en compte, ces taux sont également influencés par le taux d’intérêt fixé par la banque centrale. Effectivement, les banques de dépôt empruntent de l’argent à la banque centrale et s’assurent de faire un gain et de couvrir leurs coûts en vous le prêtant « plus cher ».  Le taux d’intérêt de la banque centrale a donc beaucoup d’incidence sur l’économie car il peut rendre difficile l’accès aux prêts (s’il monte) ou le rendre plus aisé (s’il diminue).

  • Pourquoi ces taux d’intérêts sont-ils si bas ?

En temps de crise, comme présentement, les taux d’intérêts diminuent car l’économie est faible. Ils permettent de rebooster l’économie en mettant plus de liquidité sur le marché à travers la facilité d’accès aux prêts.

Par exemple, jusqu’au 30.11.2020, Swissquote propose des crédits à 0% d’intérêt jusqu’en début d’année prochaine (31.01.2021). Ceci signifie donc des économies potentielles pour les demandeurs de prêt.

Toutefois, si vous vous demandez pourquoi vos comptes d’épargne ont un faible taux de rendement, c’est parce qu’en partie le taux d’intérêt de la banque centrale et la logique de rémunération des banques de dépôt y sont pour quelque chose [en plus de la faiblesse de l’économie].

Qu’en est-il de cette capitalisation des intérêts?

Figure 3: Outil online de prévoyance du Crédit Suisse

Quelques remarques :

  • le rendement ici de 2.5% est pris arbitrairement sachant qu’il y a des fonds de placement qui peuvent dégager du 3%. Vous pourrez consulter l’outil en question et faire varier le taux de rendement pour en apprécier le résultat. Un placement est toutefois risqué donc prêtez attention aux clauses.

 

  • En ce qui concerne le détail des calculs, nous ne les insérons pas afin de faciliter la digestion. Néanmoins, ils seront abordés prochainement. Stay tuned ! 😉 😉

L’étudiant Machiavel décide de choisir un compte de prévoyance

Prévoyance & économies d’impôts - suite

Machiavel se rend chez le fortune teller, Mr Roaka’Fella!

  • Mr Roaka’Fella:« Alors Machiavel, quel bon vent t’amène ? »
  • Machiavel: « Eh bien… j’ai dernièrement vu un épisode des Simpson dans lequel un pandémie viendra d’Asie et provoquera une récession économique monstre ! Et vous savez que tout ce qui arrive dans cette série se réalise ! Je veux m’en prémunir, il me faut une solution ! ».
  • Mr Roaka’Fella: « Eh bien ! Quelle sage décision ! Je ne suis pas que voyant, je suis aussi un banquier ! Je vais te présenter comment tu pourras bénéficier des 2e et 3e piliers sur le long terme en supposant que tu disposes déjà d’un fond d’urgence»
  • Mr Roaka’Fella: « Comme tu sais déjà, ces comptes te donnent droit à des économies d’impôts pour un maximum de 6826CHF en 2020. Maintenant, ce n’est pas tout. Si tu décides de relier un dépôt de prévoyance à ton compte tu pourras accroitre ton rendement. Avec ce dépôt, tu pourras prendre part aux marchés financiers à travers des fonds de placement et bénéficier de rendement pouvant aller jusqu’à 3.5%. Ce qui est nettement mieux que 0.2% en laissant ton argent dans un compte épargne classique. ».
  • Mr Roaka’Fella: «Ouf ! Je reprends mon souffle un peu. Et supposons que tu décides de financer ton logement primaire et non ta maison de vacance. Eh bien, gros chanceux, tu pourras mettre en gage tes avoirs de 2e pilier ou 3e pilier pour obtenir un Tu pourras donc indirectement  amortir ton hypothèque au travers de l’économie d’impôt qui peut s’élever jusqu’à  6826 jetons ! »

 

  Monsieur Roaka’Fella    s’interrompt 1minute laissant le temps à Machiavel de reprendre ses esprits.

 

  • Mr Roaka’Fella: « Comme je te trouve très sympa, je vais te suggérer une astuce très répandue entre experts ! Ouvre plusieurs comptes « 3e pilier » dans une même banque [ou dans plusieurs]. Si tu disposes de plusieurs comptes dans des banques différentes, tu pourras bénéficier de la garantie de dépôt de 100’000CHF par institution financière et être ainsi couvert. Une autre raison pour avoir plusieurs comptes – certains spécialistes recommandent 50’000CHF par 3e pilier – est de pouvoir échelonner ton accès aux une fois à la retraite car on ne peut retirer les sous de son 3e pilier que d’une traite. »
  • Machiavel: «Che Bello ! La faim justifie les moyens, et j’ai très faim ! je me lance Mr Roaka’Fella ».

Brought to you bY

Fadel Mamar Seydou

Bibliographie

Banton, C. (2020). Interest Rate. Récupéré sur https://www.investopedia.com/terms/i/interestrate.asp#interest-rate-drivers

Burr, M., & Samuel Schürmann. (2018). Le magazine de prévoyance pour les moins de 35 ans. Plus pour demain – UBS.

Finma. (2018). Protection des dépôts bancaires. Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Suisse), Berne.

Hamm, T. (2020). Why are Savigs Account Rates So Low? Récupéré sur https://www.thesimpledollar.com/banking/checking-and-savings/why-are-savings-account-rates-so-low/

IEPF. (2020). Dépôts, crédits et création monétaire. La Finance pour tous. Récupéré sur https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/marches-financiers/acteurs-de-la-finance/banque/la-banque-comment-ca-marche/depots-credits-et-creation-monetaire/

Mitteau, G. (2020). Tout sur l’Economie (ou presque) pour comprende ce qui cloche dans le système. PAYOT.

Ross, S. A. (1973). The Economic Theory of Agency: The Principal’s Problem.

Capture d’écran 2019-04-07 à 16.35.22

Article 1: l’art de budgétiser avec Soin

Cher lecteur, soucieux de ne plus être sur la paille dès la moitié du mois, nous vous proposerons le zero based budgeting  à travers la règle du 50/30/20. N’ayez crainte, point de mathématiques furieuses au menu, juste une bonne dose de lecture.

PS : lisez lentement et prenez le temps de méditer.

 Let’s dig in !

Table des matières:

The Zero based budgeting et la règle du 50/30/20, Qu’est-ce que c’est ?

L’idée derrière le zero based budgeting  est d’exploiter le potentiel de son revenu net en affectant à chaque franc une destinée précise. Ainsi, l’on ne se place pas dans une folie dépensière mais plutôt dans une gestion des plus minutieuses ce qui nécessite généralement un peu de bonne volonté. Ne vous inquiétez pas, c’est nettement moins difficile que votre série d’analyse .

Alors d’où nous vient ce 50/30/20 ?

Il est vrai que l’on ne connaît pas de créateur à proprement parler pour cette règle, mais le livre All your Worth : The ultimate lifetime money plan d’Elizabeth Warren (ancienne professeure de droit de la faillite à Harvard Law School  et actuellement sénateur démocrate aux USA)  a grandement contribué à sa popularisation.

Cette règle suggère la répartition du revenu net ( c’est-à-dire après avoir payé tous les impôts et taxes, nous aborderons tout ceci très prochainement 😊) sous la forme suivante :

  • 50% serait dédié aux besoins (needs), 30% aux vouloirs (wants) et enfin 20% aux épargnes.

Tout d’abord, il faudrait avoir en tête certaines positions prises par l’écrivaine :

Elle se positionne contre l’endettement. Il va donc de soi que cette règle ne promeut pas une budgétisation se basant sur les prêts. Toutefois elle ne néglige pas certains endettements moins « néfastes » (ceux qui procurent un bien e.g. prêt auto).

«High impact changes » : elle suggère de prêter plus attention aux grosses sorties d’argent (e.g. loyers, assurances…) plutôt qu’ aux « miettes ». Grosso modo, on s’intéresse au money draining rate.

Elizabeth Warren
Décortiquons maintenant cette règle !
Récapitulatif de la règle

50% for your needs

Il est recommandé d’allouer 50% de son revenu net aux besoins. Il est donc de votre devoir d’être honnête avec vous-même et d’établir ce qui est un besoin et ce qui ne l’est pas (les bières fréquentes à Sat ne le sont pas mais on ne les négligera pas pour autant ).

On pourrait considérer les suivants comme besoins : loyers, transport (fuel pour véhicule ou abonnement CFF), nourriture, paiement de dette (redevance mensuelle)…

30% for your wants

Une part généreuse est allouée au bon-vivre. Après tout, il faut aussi profiter et se faire plaisir [tout en restant raisonnable] me diriez-vous ! Très exact !

Dans ces 30%, vous planifierez :

vos escapades, vos voyages, votre nouveau téléphone, vos soirées, votre abonnement  Netflix et bien d’autres.

Toutefois il faudra rester consistant et essayer de s’en tenir. S’il arrive que vos besoins dépassent les 50%, il est avisé de puiser dans vos 30% de wants.

 20% for your savings

Finalement, nous n’oublierons pas votre tire-lire ! Il faudra bien l’engraisser gentiment. Les problèmes du présent (besoins et vouloirs) étant résolus, nous considérerons désormais les imprévus du futur. Il est recommandé de penser l’épargne de la manière suivante :

  1. S’assurer, en priorité, un fond d’urgence :
    l’idéal serait d’atteindre l’équivalent de 6 mois de dépenses.  Ce fond vise à vous aider pendant les périodes creuses de non-emploi.
  2. Créer un compte 3e pilier pour la retraite (on en reparlera dans le prochain article).
  3. Avoir de l’épargne pour tout imprévu (e.g. véhicule en panne, téléphone cassé…)

Eventuellement une partie de ces épargnes n’est pas vouée à rester et à ronfler dans un compte. L’investissement est une solution pour fructifier  pour les plus téméraires. Les prudents pourront opter pour  le placement dans un compte épargne à haut taux d’intérêt high yield savings account).

En pratique, comment appliquerait-on cette règle ?

Workflow

Quelques commentaires :

  • Déterminer ses buts et priorités et les garder en tête.

Cette étape est très importante et donnera un sens à votre système de budgétisation.

Que voulez-vous accomplir ? Quand voulez-vous l’accomplir ? De combien avez-vous besoin ? etc.

Eventuellement se fixer des buts trop optimistes rendront votre démarche stérile.

  • Ajuster ses habitudes 

Hélas, il faudra bien être honnête avec vous-même et renoncer à certaines choses.

La règle ci-dessous que nous présenterons n’est pas scientifiquement prouvée mais elle a l’avantage de donner un repère dans le temps pour mieux se discipliner.

Chers consommateurs impulsifs, le 30 day rule est là pour vous.

L’idée est de se donner 30 jours pour réfléchir lorsqu’on se retrouve devant un achat non planifié. Si à la fin des 30 jours vous y pensez toujours, vous pourriez donc procéder à l’achat. Essayez-la au besoin.

Etude de cas pour un étudiant

Selon une étude  de l’office fédéral de statistique faite en 2009 (c’est assez vieux mais on s’en tiendra pour l’exercice), le revenu net moyen  d’un étudiant suisse logeant seul serait de 1870CHF. Ce même montant serait composé à 55% d’apport des parents, 36% d’emplois rémunérés et à 16% d’aides.

Prenons l’exemple Machiavel, étudiant respectant les chiffres ci-dessus. On supposera que ce dernier travaille comme assistant-étudiant et qu’il vit dans une collocation (pour un loyer raisonnable).

Voyons ce que notre système de budgétisation donne.

Disons que ceci représente les dépenses mensuelles de Machiavel. Nous voyons bien qu’il s’éloigne beaucoup des recommandations faites par la  règle du 50/30/20. Ne crions pas au désastre encore! Certes, nous n’avons pas d’informations sur les difficultés sociales, les envies, la personnalité de Machiavel mais nous allons réfléchir à comment se rapprocher du « ratio en or » :

Opter pour une cafétaria moins chère à l’EPFL ou bien ramener votre propre nourriture ?

Chercher un loyer moins élevé ?

Opter pour un fitness moins cher ou bien aller au Centre sportif Dorigny ?

Mais en réalité, est-il possible de financer 36% de ses revenus avec un job étudiant sans rater son semestre?

A priori, le coût élevé de la vie en Suisse pourrait donner du fil à retordre à cette règle. Néanmoins, elle vous introduira à la gestion de vos finances personnelles. Nous vous encourageons donc à essayer d’appliquer cette règle et de voir les ajustements qui s’imposent .

Take home

Brought to you bY

Fadel Mamar Seydou

Bibliographie

Bond, C. (2019). 5 Refreshing lessons from Elizabeth Warren’s Personal Finance Book. HUFFPOST. Retrieved from https://www.huffpost.com/entry/elizabeth-warren-book-all-your-worth-lessons_l_5cbe4b4ae4b0f7a84a73f5a9?guccounter=1

Maddox, C. (2019). What is the 30 Day Savings Rule? CHIME. Retrieved from https://www.chime.com/blog/what-is-the-30-day-savings-rule/

O’SHEA, B. (2020). Budgeting 101: How to Create a Budget. Nerdwallet. Retrieved from https://www.nerdwallet.com/blog/finance/how-to-build-a-budget/

SCHWAHN, L. (2019). How to Choose the Right Budget System. Nerdwallet. Retrieved from https://www.nerdwallet.com/article/finance/how-to-choose-the-right-budget-system

WHITESIDE, E. (2020). What Is the 50/20/30 Budget Rule? INVESTOPEDIA. Retrieved from https://www.chime.com/blog/what-is-the-30-day-savings-rule/

 

subprimes

Pourquoi une mini-série?

Présentation de la mini-série 

Nous aborderons des thèmes très sympas !

The Finance Association  vise à ouvrir le monde de la finance aux étudiants de l’EPFL. A cet effet, nous avons jugé nécessaire de rédiger une mini-série sur la Finance. Cette mini-série tentera de calmer les esprits en ces temps de crise en apportant une certaine compréhension de nos économies et finances. Avant tout, nous nous focaliserons sur une chose que vous apprécierez sans doute, à savoir, vos finances personnelles !

Nous, individus, formons l’économie mais nous la subissons. N’est-il pas plus raisonnable de parler finance personnelle avant de parler de finance d’entreprise ou de finance tout court ? Voilà la réflexion qui nous a poussé à entreprendre la rédaction de cette mini-série.

Pourquoi lirez-vous cette mini-série ? Eh bien, parce que nous vous aiderons à mieux maitriser vos finances personnelles, ce qui vous éloignera de certains maux financiers. Vous serez alors plus serein lorsque vous aurez votre 3e apéro du mois à Sat.

« Un commencement est un moment d’une délicatesse extrême… »

Princesse Irulan Corrino, premiers mots du film Dune,

De David Lynch (1984)

Avec ces belles paroles nous vous introduirons notre mini-série dans sa temporalité.

Nous vous présenterons 13 articles de manière hebdomadaire [idéalement] et ils seront regroupés sous 3 sections:

  • Section 1 : Finance personnelle (5 articles)

Cette section comptera 5 articles qui nous emmènerons de la simple budgétisation à la gestion d’un portefeuille d’assurance, en passant par une explication du fonctionnement des banques de dépôt (UBS, Credit suisse…) avec le thème de la création de compte bancaire. Nous pataugerons un peu dans de la fiscalité avec les impôts, et nous verrons également l’acquisition de biens avec le prêt immobilier.

  • Section 2 : Finance d’entreprise (4 articles)

Etant donné que certains étudiants auront potentiellement à créer des start-ups ou à y travailler, quoi de mieux que de comprendre les rouages de ce type de finance.

Nous commencerons donc avec un peu d’analyse financière, ensuite nous aborderons les investissements et leurs engrenages. Ensuite, nous  consacrerons un article à l’explication du business plan financier d’une start-up. Et pour finir, un dernier à la place du salarié dans une entreprise à travers la compréhension du contrôle de gestion et à la performance d’une entreprise.

  • Section 3 : Marchés financiers (4 articles)

Cette dernière section s’attardera sur la bourse, le marché des devises (forex) et le marché des commodités. En amont, vous aurez droit à une introduction à la psychologie d’investissement (à l’aide des écrits de Daniel kahneman et de Benjamin Graham).  Le fil conducteur de la section sera le trading, qui ne sera abordé que de manière superficielle. Ainsi, Vous ne serez donc plus blasés lorsque vos amis de HEC diront que « Total représente 2.53%[1] du marché financier français ».

Nous espérons vous compter nombreux parmi nos lecteurs.

The Finance Association

Sources

[1] Comprendre Toute la Finance, 3e  édition, Page 149

The Writing Team

Alaa (Left), Fadel (Middle), Natacha (Right)
christmas

As goes January, so goes the year

Anna Valiullina

Dec 2019 · 10 min read

 

 

Merry Christmas and Happy New Year to all the subscribers of The Finance Association EPFL! In today’s article, we take the opportunity to wish you a productive year full of ambitious ideas and their great realizations! Having a holiday spirit we would love to introduce you the effect on the financial market which has a great relation to the Christmas and New Year! Yes, we meant it!

 

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Let’s start right over with the description of the January effect. Believers of January effect say that, overall, the stock rise in January is greater than in any other month of the year. The closely related effect is the Santa Claus Rally which is known for the rise of stock prices in the last 5 days of the year and first 2 days of the following one. While the January effect is a hypothesis, we see a persistent history of Santa Claus Rally (thought as this effect is becoming more known, the market is becoming more efficient).

 

                                                                                                                               Source:https://unsplash.com/photos/0O58LvoYdHk

 

 

There are several explanations for the Santa Claus Rally. The first one is that some traders believe in the January effect. So if one believes in the rise of the stock in January, no doubt the person would try to anticipate the effect and buy some shares before January to earn. When there are many people buying shares at the same time they would move the market and price would rise.

Another unproven assumption is that short-sellers investors tend to take vacations around the holidays. Giving that in general employees prefer to spend Christmas outside the office we have a situation where it might be easier to move the market in a positive direction due to a decrease in the number of players, trading volume and in a situation where there are fewer short-sellers.

 

Source:https://www.goodfon.ru

 

For the last decade, we saw the interest rate going down dramatically. In some countries, for example, Switzerland, the interest rate became even negative. Under such circumstances, some of the economists claim that Monetary Policy is not as effective as it used to be. Now, we don’t stop here (because as suspicious engineers we believe there must be something else). Let’s have a turn and talk about taxes! In a few words, whenever a company make some profit, it must report it as a capital gain and it will be taxed according to the amount it earned. However, we should not forget that any capital losses account for a tax deduction. Suppose I buy some shares at price X$, if the stock lost its value and now trades at (X-Y)$ and I sell it now I will get a capital loss of Y$. Having taxes I can recover some portion λ of the loss (λX$) through a tax deduction. Let’s get back to the Christmas time. As we just discovered, under certain regulations[1] one can sell the shares of the underperforming position and gain a tax deduction. After counting all taxes for the last period a trader simply buys shares back (a reason for buying back is because often a person would hold the losing position due to belief in the future upward move). Confronting the time of tax reporting with regulations [1]  we find that buying back occurs exactly in January. This practice is known as a wash sale which we consider as one of the main reason for the January effect.

 

As a conclusion, we would like to thank you for this incredible 2019 and wish you Merry Christmas and Happy New Year! We hope that the following year will be even more fortunate than the current one!

 

With love,

Your TFA❤️

 

 

For more information on this theme we would suggest the following reading:

[1] https://en.wikipedia.org/wiki/Wash_sale#Tax_Loss_Harvesting

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Written by Anna Valiullina

 

 

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Central Banks & Monetary Policy

Anna Valiullina

Dec 2019 · 10 min read

 

 

In today’s article, we are interested in describing the current affairs of Central Banks and by doing so we will briefly remind you about different ways which are used to affect the economy.

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To start with, there are mainly 2 ways how one can affect the current state of the economy: using Fiscal and Monetary Policy. The first one is controlled by the government and is associated with changes in taxes and government spending. The second approach, Monetary Policy, works through changes in money supply and changes in the interest rate on government bonds. Here we all remember the agiotage around FED’s meetings. (FED – Federal Reserve, the central bank of the United States). This mechanism of affecting the interest rate is exactly what we would like to cover today.

To give you a piece of intuition, in order for the economy not to be artificial improved before the president’s elections and thus give a false picture to the voters, the apparatus of Fiscal and Monetary Policies are strictly divided (i.e. the head country’s central bank doesn’t report to a president of the government). But let’s look at where the situation is now and whether the Central Banks still has the same power to affect the state of the economy as they used to?

For the last decade, we saw the interest rate going down dramatically. In some countries, for example, Switzerland, the interest rate became even negative. Under such circumstances, some of the economists claim that Monetary Policy is not as effective as it used to be. 

 

Source: Bloomberg

 

In practice, negative interest rates were introduced as a tool to mitigate the consequences of financial crises when no other policy would work. To this end, let us remind you that in 2009 Sweden, Denmark and since 2014 European Central Bank have introduced negative interest rates. Thinking of the recent crises, we saw a situation of great uncertainty which normally leads to stagnation of the economy, reduced output and increased rate of unemployment. The decision of cutting interest rates was done in the attempt to boost the economy since in this setting the investors are penalized for not spending money.

 

As a small note, let us give you an intuition on how exactly the Central Banks proceeds on their way to reduce the interest rates of government bonds. Central Banks use the tactic called Quantitative Easing (QE), they purchase the government bonds on the open market increasing the money supply and lowering the supply of the bonds. Having this, the rate of return on bonds is decreasing.

Talking about the current situation, it is clear that there is a boundary below which the interest rate is not expected to fall. The closer we approach the boundary the harder and harder it gets for the Central Banks to affect the state of the economy. While most of the countries are not willing to increase government spending (or actively employ Fiscal Policy), the Central Banks do not have any other option than searching for more complex tools to affect the economy or try to negotiate with government’s officials. 

 

For more information on this theme we would suggest the following reading:

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Written by Anna Valiullina

 

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Valuation Models : How to Value a Company

Stefano Ramella

Nov 2019 · 25 min read

Valuation Models are used to assess the worth of a given company : this is needed for IPO, Acquisition, Mergers. In this article, 3 methods are presented : Discounted Cash Flow Analysis, Comparable Companies Analysis and Precedent Transaction Analysis. Each of these methods can be thought as 5-steps process. 

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Overview

The three methods presented here are among the most commonly used among the finance professionals. They rest on different assumptions :

    • Discounted Cash Flow Analysis (DCF) : Discounted future free cash flow projections are a good estimate of the worth of the company
    • Comparable Companies Analysis (CCA) : Similar companies will have similar valuation multiples
    • Past Transaction Analysis (PTA) : Precedent transactions for similar companies are a good estimate of what the company would be worth in the case of an acquisition.

Discounted Cash Flow Analysis (DCF)

 

Presentation of DCF Analysis

The main assumption behind DCF is that the value of the company of interest is best approached through the present value of all future monetary benefits


Let’s go through each of the five steps.

Step 1 : Determine the Target and the Key Performance Drivers


To perform a DCF, it is key to study and learn as much as possible about the target and the sector in order to avoid misguided assumptions and valuation distortions. This is easily done for public companies (availability of data), but more challenging for private companies.

    • If the company is public, data can be get from SEC filing, earnings call transcripts and investor presentations. Equity research reports add additional information on the financial performance estimates
    • If the comapy is private, company management is the primary source of data to provide materials containing basic business and financial information

Once the data is acquired, one needs to determine the key performance drivers, as shown below :

 

Step 2 : Project Free Cash Flow

Free Cash Flow (FCF) is the cash generated by a company after paying all cash operating expenses and associated taxes, as well as the funding of capex and working capital, but prior to the payment of any interest expense. It can computed according to the following formula :

 

One should consider keep in mind the historical performance of the company as it provides valuable insight for developing defensible assumptions to project FCF : past growth, profit margins are usually a reliable indicator of future performance, especially for mature companies in noncyclical sectors. The Projection Period Length is often set to five years depending on its sector, stage of development, and the predictability of its financial performance.

 

Step 3 : Calculate the WACC

WACC (Weighted Average Cost of Capital) is the rate used to discount the target’s projected FCF and terminal value to the present : it represents the weighted average of the required return on the invested capital and can be thought of as an opportunity cost of capital or what an investor would expect to earn in an alternative investment with a similar risk profile.

The calculation of the WACC is performed by following these four steps :

1. Determine Target Capital Structure

    • Choose a target capital structure that is consistent with the firm long term strategy ( Debt and equity components have different risk profiles and tax ramifications, WACC is dependent on a company’s target capital structure).
    • Use comparables from public market to get a proxy of the optimal capital structure
    • The target capital structure is represented by debt-to-total capitalization

2. Estimate Cost of Debt

    • A company’s cost of debt reflects its credit profile at the target capital structure
    • Cost of debt is generally derived from the blended yield on its outstanding debt instruments

3. Estimate Cost of Equity

    • It is the required annual rate of return that a company’s equity investors expect to receive (including dividends)
    • CAPM ( Capital Asset Pricing Model ) : 
    • The risk-free rate is often estimated with T-Bills and T-Notes
    • The Market Premium can range from approximately 5% to 8%
    • To calculate Beta from the public market one should neutralize the effects of different capital structures “Unlevering the Betas” : 
    • Once the Unlevered Betas have been computed an average is computed
    • The beta is then relevered using the company’s target capital structure
    • CAPM is applied with the calculated Beta in order to obtain the cost of equity

4. Calculate WACC

 

Step 4 : Determine Terminal Value

 

Terminal Value quantifies the remaining value of the target after the projection period, and is typically calculated on the basis of the company’s FCF in the final year of the projection period. There two widely accepted methods: the exit multiple method (EMM) and the perpetuity growth method (PGM).

 

 

 

Step 5 : Present Value and Valuation

 

The final step consists in discounting FCF and Terminal Value to calculate the present enterprise value (EV). Present value centers on the notion of time value of money and it is performed by multiplying the FCF for each year in the projection period and the terminal value by its respective discount factor :

Implied equity value and share price can be derived from the EV :

 

 

Comparable Companies Analysis (CCA)

 

Overview of CCA

The logic behind CCA is different from DCF. The approach is comparative and is based on the assumption that similar companies will have similar valuation multiples. The criteria to judge the similarity between companies are mainly based on the size and sector.

 


Here are the five steps one could follow in order to conduct CCA :

 

Step 1 : Select the Universe of Comparable Companies

 

The process of learning the in-depth story of the target should be exhaustive. The knowledge of the company and the sector-specific material is essential : it can be simple and intuitive for certain sectors but challenging for others, especially when peers not readily apparent.

 

Note that the actual selection of the comparable companies should only begin once this research is completed.

It is important to consider the following points while screening for Comparable Companies : 

    • Various sources can be used to screen for potential comparable companies. Initially, the focus is on identifying companies with a similar business profile
    • Public companies typically discuss their primary competitors
    • Additional source for locating comparables is the proxy statement for a relatively recent M&A transaction in the sector as it contains excerpts from a fairness opinions
    • Sector knowledge and familiarity with the target from senior bankers could be the most valuable resource

Step 2 : Locate the Necessary Financial Information

The most common sources for public financial data are SEC filings, earnings announcement, investor presentations, equity research reports, consensus estimates and press releases available via Bloomberg. Here is a summary of financial data source that can be used :

 

Step 3 : Key Statistics, Ratios and Trading Multiples

 Several metrics and ratios are to be used here : 

    • Size
    • Profitability
      • Gross Profit Margin
      • EBITDA Margin
      • Ebit Margin
      • Net Income Margin
    • Growth Profile
      • Look at historical and estimated future growth rates as well as compound annual growth rates (CAGRs)
    • Return on Investment
      • ROIC
      • ROE
      • ROA
    • Credit Profile
      • Leverage
      • Interest Coverage Ratio

 

Step 4 : Benchmark the Comparable Companies

 

Benchmarking centers on analyzing and comparing each of the comparable companies with one another and the target. The objective is to determine the target’s relative ranking so as to frame valuation accordingly. Benchmarking is a two-fold process :

 

1. Benchmark the Financial Statistics and Ratios

    • It involves the comparison of the target and comparables universe on the basis of key financial performance metrics. Compute the mean, median, minimum and maximum for the universe’s selected financial statistics and ratios
    • Benchmarking goes beyond a quantitative comparison but examines the reason the a company’s high and low performance
      • Is the company market leader?
      • Is it gaining market share?
      • Effect of latest announcements?
      • What are the strategic initiatives?

2. Benchmark the Trading Multiples

    • Get a full range of multiples and assess relative valuation for each of the comparable companies
    • After an analysis of the trading multiples, one could operate a refinement of the comparable universe
    • Depending on the output it may become apparent that certain outliers need to be excluded from the analysis or that the comparables should be further tiered

 

Step 5 : Determine Valuation

The mean and medians of the most relevant multiple for the sector are used (typically EV/EBITDA or P/E), then the low and high multiples of the comparables universe are used as floor and ceiling to provide further guidance :

 

 

Precedent Transaction Analysis (PTA)

Overview of PTA

PTA logic holds the same logic as CCA, that is relative valuation of a company based on comparison with similar players. The main difference with CCA is that one estimates the value of the company based on previous transactions such as the price paid for similar players. As PTA and CCA are very similar, only an overview of PTA is presented below :


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Written by Stefano Ramella

 

 

 

 

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Tokenization of the Real Estate Market

This week’s article focuses on the Real Estate Market and innovation idea of combining it with Blockchain technology. Real Estate Market is considered to be one of many sources of investments, but it is still believed to be an inefficient and non-liquid market. In this article, we attempted to describe the main drawbacks of the Real Estate Market as a source for investments and show how modern technologies as Blockchain could dramatically affect the situation and investment decisions. 

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Drawbacks of Real Estate Market

To begin with, we have started to analyse why exactly some investors have doubts about investing in the Real Estate Market.

 Firstly, let us draw your attention that the average price in Europe of residential property in EU-28 as of September 2019 is in the range from 1,633€ (Bulgaria) to 21,179€ (United Kingdom) per square meter. So, for example, if one wants to buy a 45 m2 apartment in Italy (where the average price is 6,589 €/m2)he should have 296,505 €. Giving these numbers, we can clearly state that this market is closed to the average investor.  Consequently, the average investor would rather invest in the equity market.

Another concern of investors would be the lack of data. Compared to the equity market where we can talk about high-frequency data, where there are many agencies/experts who provide their statics and opinion on any particular investments you consider, of course, the real estate market would seem insufficient and not-transparent. If we talk about the real estate market, there is no such word as an exchange and no global database with all available options to invest. 

As a matter of fact, investors are also concerned with timing. All of us have a smartphone in the hands can buy shares within seconds. Meanwhile, the real estate market is lacking transparency in this matter. Generally speaking, all involved actors (investor, owner, tenant and etc) need to perform several actions which are linked to each other and couldn’t be done automatically or at the same time.

 Here comes another issue, usually the actors encounter each other only once and therefore there must be no trust between them. Having this in mind we should also mention the great number of scums in the real estate market which again puts in not in favour of investors.

 

Tokenization of Real Estate Market

How does it work?

Tokenization is a process of splitting an asset into parts (tokens), while each token represents the value of the share of the asset. The owners of the property can create as many tokens as they want. Here, of course, knowing the real price of the property the price of each token will vary. It is as we say that cutting a cake in 10 or 50 pieces would create a different price for each piece. Now, let us walk you through the process of tokenization on the real estate market. Once the owner of the property has decided to tokenize it, the first thing would be to create tokens (security tokens in fact) and sell them to the investors. This process is called STO (Security Token Offering).

A security token is an investment contract written on the underlying asset. So in the case of STO, all the security tokens are linked to a real tangible asset. Advantage of STO over ICO (Initial Coin Offering) is that investing in STO the person also gets ownership on the share of the asset. Compared to ICO it reduces the risk of fraud and illegal activity (in case of STO each individual is obliged to be identified). After completing the STO, the tokens should be listed on the exchange so that the participants can trade it. For the particular exchange to be valid, it should compile with certain regulations. It is worth to mention that once the token is created, nothing prevents it from being traded on different exchanges.

Advantages of Tokenization

The tokens can be traded in secondary markets which will bring more liquidity to the real estate market. Everyone can buy or sell these tokens as a fraction of the ownership, this lowers the investment entry-level and will bring a larger number of investors into real estate. With the use of blockchain, the transactions are completed with digital contracts that are automatized so the transactions are cheaper and faster. Additionally, tokenizations allow investors to have a digital history of the transactions that allow them to prove ownership and makes impossible for someone to falsify transactions or try to sell the tokens more than once.

Room for improvement

Any token needs to be approved by the regulators. This is reducing the risk for the investors, but, on the other hand, it makes the procedure more complicated. In addition, all existing STOs are now registered under D exemption by a Securities and Exchange Commission (SEC) [1]. That means that if one wishes to invest in STO he should have a special authorization to do so, which creates a barrier for the pull of investors. Another important issue with tokenization of real estate is a lack of exchanges offering security token trading. This situation could be mainly explained by two factors. Firstly, it was estimated that 4/5 ICOs in 2017 were scams. Reasonably, investors are concerns about the security of STO and for now, are reluctant to make massive investments. Secondly, there is a number of countries where STO is banned (an example would be China). 

 As you can see, the tokenization of the Real Estate Market has a lot to offer. And though this method has a number of drawbacks, there is a chance that in the nearest future it will revolutionize the Real Estate Market and transform it beyond recognition

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Anna Valiullina

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[1] Regulation D (Reg D) is a Securities and Exchange Commission (SEC) regulation governing private placement exemptions. Usually used by smaller companies, the regulation allows capital to be raised through the sale of equity or debt securities without the need to register those securities with the SEC. //Source: https://www.investopedia.com/terms/r/regulationd.asp