INVESTIR POUR LE FUTUR

Au début du XXIème siècle, le principal terrain de jeu de la politique était l’économie. Les grands succès des gouvernements se mesurent en effet en terme de croissance et de position dans le commerce mondial. Cette focalisation sur le monde économique a aussi mis en avant le monde de la finance.

Aujourd’hui, les enjeux environnementaux s’emparent brusquement du devant de la scène et les activités financières sont souvent vues comme causes majeures du réchauffement climatique. En particulier, les étudiants de l’EPFL ont pu lire ce message quelques jours avant la grève étudiante du climat du vendredi 15 mars 2019: “ […] Et à travers leurs investissements, les entreprises, banques et caisses de pension suisses émettent 10x plus que toute la population et l’industrie suisse (source: Masterplan Climat Suisse). ’’ . En effet, le geste que représente un investissement peut se résumer à l’injection de capital dans une entreprise voire même un pays, souvent sous forme d’achat d’actions ou d’obligations. L’apport d’argent permet donc à l’entreprise de se développer, produire et polluer. Néanmoins, toutes les entreprises n’émettent pas les mêmes quantités de gaz à effets de serre et tous les investissements ne participent pas négativement à un développement durable (surtout sur le plan social et environnemental). Comment est-il donc possible d’amener une part d’éthique et de responsabilité écologique dans le monde de la finance, de redorer le blason des grandes institutions financières ?

Critères ESG

Un geste qui se veut durable et responsable doit être positif du point de vue de trois critères : Environnement, Social et Gouvernance (ESG). D’abord, les politiques environnementales doivent être respectées pour combattre au mieux le réchauffement climatique. Ensuite, le respect des droits humains ainsi que des normes d’hygiène et de sécurité est nécessaire. Il faut finalement éviter à tout prix de se mêler à des affaire de corruption ou autres tromperies. En résumé, les nouvelles exigences ESG soulignent les nouveaux intérêts des investisseurs. Cependant, de par leur nature humaine, ils sont difficiles à quantifier et à nuancer sans exagération. La mise en place d’indices ESG fiables nécessite donc une quantité très importante d’informations et un moyen de traitement efficace. A l’heure actuelle, seulement des institutions spécialisées importantes seraient capables de fournir ces informations .

Différentes approches existent pour juger si un investissement peut être qualifié de durable et le Swiss Sustainable Investment Market Study 2018 de l’Université de Zürich en définit 8 dans son introduction. Par exemple, l’approche Best-in-Class compare la performance ESG de plusieurs entreprises (ou autre entités) et considère comme méritant l’investissement celles qui dépassent un seuil défini. Une autre approche, dite Impact Investing, place côte à côte le retour économique et les bienfaits sociaux et environnementaux de cet investissement. Cette dernière approche illustre donc les bienfaits d’investissements intelligents surtout dans les marchés émergents et en développement. La finance peut donc avoir des conséquences positives si l’esprit en amont mesure toutes les facettes de son geste.

Un exemple: The Rise Fund

« The Rise Fund is committed to achieving social and environmental impact alongside competitive financial returns » sont les mots qui accueillent un visiteur du site internet de The Rise Fund, un fond co-fondé par Bill McGlashan et Bono (leader de U2) qui cherche à se distinguer par ses performances éthiques. L’une des missions importantes de ce fond affilié à TPG Capital, un autre fond d’investissement qui gère 70 milliards de dollars, est d’apporter une contribution à la réalisation des objectifs de développement durable de l’ONU, 17 objectifs dont le coût annuel peut être estimé à 2’500 milliards de dollars. Ainsi, l’approche Impact Investing a été choisie pour essayer de se démarquer dans ce milieu.

Les 2 milliards de dollars qui sont attribués à The Rise Fund sont investis suivant les performances d’un indice maison : IMM, Impact Multiple of Money. Cet indice est développé selon une méthodologie propre à la société, calculé de façon quantitative à l’aide des données récoltées et qualitativement en analysant des rapports qui se concentrent sur les critères ESG. Cette méthodologie précise s’adresse donc très bien aux nouvelles générations, dont les intérêts sont bien plus centrés sur les piliers d’un développement éco-responsable.

L’impact environnemental, social et de gouvernement d’entreprise d’un investissement est désormais tout aussi important que son retour financier. Les jeunes sortent dans la rue pour réveiller la conscience écologique de tout le monde, mais le monde de la finance a aussi son rôle à jouer. Des investissements durables doivent être encouragés et leurs bénéfices loués. La collaboration entre tous les milieux est donc essentielle pour peut être atteindre les objectifs de l’ONU.

Bibliographie

The Economist, March 16-22, 2019

Swiss Sustainable Investment Market Study 2018, Swiss Sustainable Finance, Department of Banking and Finance, Centre for Sustainable Finance and Private Wealth, http://www.sustainablefinance.ch/upload/cms/user/SSF_Swiss_Sustainable_Investment_Market_Study_2018_E_final.pdf

Our Approach, The Rise Fund, https://therisefund.com

Indices ESG: la solution de demain?, AGEFI, Jean Niklas, 3 septembre 2018

About the Sustainable Development Goals, United Nations, https://www.un.org/sustainabledevelopment/sustainable-development-goals/

Images

https://www.nationalgeographic.com/environment/2019/03/youth-climate-strike-kids-save-the-world/

https://www.invesco.ch/en-ch/about-invesco/responsible-investment

https://news.un.org/en/story/2015/09/509732-un-adopts-new-global-goals-charting-sustainable-development-people-and-planet

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