Les places financières

Introduction

Voilà. Vous avez décidé d’emprunter le chemin sinueux qu’est celui de la finance et de l’entrepreneuriat. Où que vous en soyez dans votre cursus, 1ère année de Bachelor ou Master 2, une question va obligatoirement se poser: Où aller ensuite ?

C’est une question qui mérite qu’on y prête grand intérêt, les régimes fiscaux, les infrastructures, tout bouge et change à toute vitesse. Le choix de la destination est un choix primordial pour une entrée en scène digne de ce nom.Tout est dans la subtilité et le compromis, trouver un ville attrayante pour ses avantages fiscaux, qui soit une place financière confirmée, propice au développement, dynamique et agréable à vivre, véritable casse tête.

Pour débuter, il faut définir ce qu’est un centre financier.

Du point de vue macroéconomique, c’est un lieu ou une région où le secteur financier crée une part relativement élevée du produit intérieur brut (PIB), de l’emploi ou des recettes fiscales générales. Dans la perspective microéconomique, en revanche, un tel centre représente la concentration géographique de différentes institutions et entreprises du secteur, comme la Bourse, l’autorité de surveillance et la banque centrale, mais aussi les fournisseurs de prestations financières ainsi que les sociétés de juristes et de conseils.La distinction entre les niveaux macroéconomique et microéconomique permet une analyse plus fine de la notion de compétitivité. D’un côté la concurrence oppose les centres financiers (donc les places économiques), de l’autre ce sont les entreprises qui sont en compétition.

Ces dernières années, le regard posé sur les gains de compétitivité de l’industrie financière a changé; on est passé d’une approche quantitative à une approche qualitative: il ne lui faut plus seulement contribuer le plus possible au PIB – ce qui a été entre-temps confirmé par plusieurs études. Il faut que cet apport soit le plus «optimal» possible.

Nombreuses sont les cités qui tablent sur l’essor de leurs pôles de compétence dans l’ingénierie financière pour offrir aux entreprises et particuliers des conditions avantageuses en vue de développer leurs affaires. L’émergence des pays asiatiques n’a pas été épargnée par ce phénomène. En quelques décennies, Hong Kong et Singapour se sont ainsi hissées au rang de place financière de premier rang.

Les classiques

En matière de place financière, il y a deux monuments de la finance indétrônables :

New York

De nombreuses entreprises multinationales sont implantées à New York. Fin 2007, vingt des cinq cent plus grosses entreprises mondiales par le chiffre d’affaires avaient leur siège à New York.

La finance joue un rôle particulier à New York. C’est, avec Londres, l’un des grands centres mondiaux dans ce secteur. On y trouve deux des principales bourses du monde, le New York Stock Exchange (NYSE) et le Nasdaq, la première dépassant de loin toutes les autres bourses du monde par la capitalisation boursière des sociétés cotées. Une autre institution, le New York Mercantile Exchange (NYMEX), est spécialisée dans les matières premières. Parallèlement, de nombreux groupes financiers ont leur siège à New York. On peut citer les banques Citigroup, JP Morgan et Goldman Sachs, ainsi que les assureurs AIG et MetLife. Au total, le secteur financier emploie 328 000 personnes à New York. Le Financial District (quartier financier), situé au sud de Manhattan, est emblématique de ce secteur.

Londres

Environ 300 000 personnes travaillent dans le secteur de la finance de Londres qui abrite plus de 480 banques, soit plus que n’importe quelle autre ville au monde. La City est le plus grand centre d’affaires d’Europe et concurrence de plus en plus New York, notamment à cause des lois Sarbanes-Oxley qui accroissent les exigences comptables pour les entreprises cotées à la bourse de Wall Street. Lors d’une récente étude publiée par Mastercard, Londres surpasse New York dans quatre des six domaines de l’étude dont la stabilité économique, la facilité de faire des affaires et le volume des flux financiers. Le maire de New York Michael Bloomberg a déclaré que New York risquait de perdre son statut de capitale financière du monde au profit de Londres à cause du droit et des systèmes de régulation et d’immigration moins stricts du Royaume-Uni.

Ces deux villes sont en tête de classement et comptent bien y rester,  à l’heure actuelle,  Londres et New York passent pour les seuls centres vraiment mondiaux, leur position de leader est relativement stable.

Les Challengers

Hong Kong

Bien que la région administrative spéciale dépende politiquement du régime communiste chinois, l’économie garde une large marge de manœuvre dans ses activités financières et bancaires héritée de l’époque de son appartenance à la couronne britannique. La création de sociétés offshore s’avère bienvenue, surtout dans l’optique d’une structure d’échanges commerciaux. Il faut relever en l’occurrence qu’elle accueille des milliers d’entrepreneurs à la recherche d’une juridiction avantageuse, fiable et sécurisée.

Aucun impôt n’est prélevé sur les sociétés offshore. Seul une taxe annuelle de 350 dollars est prélevée. Il n’est nécessaire de tenir une comptabilité que pour autant que la société ait ouvert un compte bancaire sur place ou qu’elle y effectue des transactions.

Un impôt de 17,5% est prélevé sur les bénéfices réalisés à Hong Kong et il n’existe pas de droit de succession sur les actions détenues par les non-résidents. Il est possible de constituer une société en faisant appel à un directeur «nominé» assurant un parfait anonymat dans le registre public. Les actions d’une société sont au porteur et garantissent ainsi l’anonymat des actionnaires. La constitution d’une société s’élève de 6700 euros et les coûts de domiciliation à 2600 euros.

Le Luxembourg

Le Grand-duché est orienté vers la gestion privée et, à partir des années 80, vers la domiciliation et la gestion de Fonds d’investissement. Des cadres réglementaires spécifiques existent pour les Fonds alternatifs, les véhicules d’investissement en capital à risque, les Fonds de pension internationaux, les Fonds d’investissement spécialisés, les véhicules de titrisation, les captives de réassurance, les banques d’émission de lettres de gage et les sociétés de gestion de patrimoine familial (SPF). Créés en 2007, les Fonds d’investissement spécialisés (FIS) se prêtent aussi bien à la constitution de Fonds en valeurs mobilières ou monétaires, de hedge funds ou de Fonds de capital risque. Les impôts des sociétés offshores se montent à environ 28%, mais elles n’ont pas à s’acquitter de taxe annuelle.

Les taux de TVA appliqués sont de 15% pour le taux normal (3, 6 et 12% pour les taux réduits). Les Fonds d’investissement sont exonérés d’impôts sur le revenu des collectivités, d’impôt commercial communal et de retenue à la source sur les dividendes. Les sociétés holding constituées selon la loi de 1929 – aujourd’hui abolie – sont exemptées d’impôts, alors que les sociétés de participation financière évitent la double imposition.

Singapour

Singapour dispose d’une excellente infrastructure dans les communications et d’un réseau bancaire international. L’île abrite plus de 150 000 personnes dont la fortune dépasse 1 million de dollars et offre des avantages fiscaux pour les investisseurs internationaux.

Pour ouvrir un compte, il suffit de l’approvisionner avec un montant initial d’au moins 20 000 dollars (ou francs suisses) et d’y conserver au minimum 100 dollars. Les documents à présenter sont une copie certifiée d’un passeport valable, la preuve de son adresse de résidence ainsi qu’un curriculum vitae indiquant sa formation, ses expériences professionnelles ou son emploi. La coopération administrative avec les autres États est réduite.

Un compte peut être ouvert au nom d’une entreprise étrangère, d’un trust ou même d’une société à responsabilité limitée. Aucun frais n’est généralement appliqué à l’ouverture d’un compte, pour sa gestion et le transfert de fonds qui s’y fait le plus souvent sous forme liquide. L’imposition sur les sociétés est inexistant pour les gains générés à l’étranger. Le taux d’imposition est de 17% et le taux de TVA atteint 7%. L’actionnariat à 100% étranger est possible.

En conclusion, que vous vouliez créer votre société ou débuter dans une grande institution financière, ces destinations seront les meilleures pour vous. A vous de voir quelle atmosphère vous préférez.

 Norman Sachs

 

Sources:

http://www.s-ge.com/sites/default/files/FR_Investorenhandbuch_120808_9.pdf

http://news.efinancialcareers.com/fr-fr/137342/luxembourg-une-destination-pour-les-financiers-plus-glamour-quelle-ny-parait/

http://financedemarche.fr/actualites/classement-des-places-financieres-gfci-15-londres-zurich-et-geneve-dans-le-top-10

https://en.wikipedia.org/wiki/Financial_centre

 

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