Quand la réalité virtuelle défie la réalité

La fin du semestre approche, et nous avons tous une moitié de semestre à rattraper en deux semaines, y compris les rédacteurs du pôle article. Mais, en tant qu’adorateurs de la tradition « d’un article par semaine », nous ne démordons pas de la doctrine et continuons de publier. L’objet de tous mes tourments se prénomme l’Oculus Quill.  C’est la dernière invention d’Oculus Virtual Reality, ou Oculus VR pour les intimes ; la fameuse Start-Up rachetée par Facebook en 2014 pour 2 milliards de dollars à Palmer Lucky, qui n’avait que 22 ans à l’époque.

Oculus Quill, c’est deux manettes qui permettent de créer des objets en trois dimensions dans un espace virtuel. Destinée aux artistes et aux créateurs, leur permettant de s’affranchir du support papier ou écran. Ils n’auront alors plus besoin de ces dernières interfaces, mais seront alors en mesure de créer et concrétiser leur imagination dans un monde parallèle. Si son utilisation ne dépassait pas le cadre artistique, cela pourrait passer pour une invention parmi d’autres, certes utile mais pas incroyable. Néanmoins, suite à quelques réflexions, c’est d’après moi l’aboutissement de la réalité virtuelle. C’est à partir du moment où l’on est capable de dessiner l’espace et le temps que la réalité virtuelle est en mesure de rivaliser avec la réalité.

Explications

Jusqu’à présent, l’espace virtuel était créé à partir d’algorithmes et ne pouvait être conçu qu’à partir de ces derniers. Avec l’Oculus Quill, c’est le sujet même qui est capable de créer son environnement. Certes, le socle d’un espace virtuel restera toujours un algorithme, mais l’Occulus Quill permet à présent de décorer soi-même son petit monde parallèle. L’expression « son petit monde parallèle » ne vous choque-t-elle pas ? Moi oui.

Les outils accompagnant l’utilisation de l’Oculus Rift servent des usages uniquement ludiques ou artistiques et avec raison, mais ils peuvent aller beaucoup plus loin. Difficile de ne pas être frappé par la beauté envoûtante et surréaliste des paysages Jon Rafman.

Paysage Jon Rafman

Sony a d’ailleurs su en tirer profit en promettant l’adapter à ses consoles. Oculus Story Studio a même prévu de sortir un film cette année: Dear Angelica, réalisé au moyen de l’Oculus Quill et qui a pour but de le promouvoir. On sera alors par ce moyen en mesure de vivre des expériences que la vie ne nous permet pas, comme voyager dans des univers surréalistes, défier les lois de la physique.

C’est sans compter sur le fait que les applications de l’Oculus Rift ne se limitent pas seulement à ces seuls usages. Ce sera un outil d’apprentissage, au moyen de la simulation de situations, ou encore de communications. Les possibilités sont infinies. Une chose est sûre : c’est à partir du moment où l’on est capable de dessiner l’espace et le temps que la réalité virtuelle est en mesure de rivaliser avec la réalité.

Le jour où nous serons interconnectés

Ma scène préférée du film Inception ne saurait mieux illustrer ce concept. Yusuf, utilise le rêve comme drogue, à la découverte de la salle que ce dernier entretient, Saito lui demande : «  Ils viennent tous les jours ici pour rêver? » et le tenancier lui répond : «  Non. Ils viennent pour être réveillés. Le rêve est devenu leur réalité ». Le jour où les Occulus Rift seront en mesure d’être interconnectés, où l’on sera en mesure de rencontrer du monde dans un univers parallèle, c’est à partir de ce moment-là que certains risquent de tomber dans la drogue de la réalité virtuelle.

inceptions

Autrement que de faire des expériences différentes, s’ajoutera l’appartenance à un groupe, qui sont deux facteurs sociaux explicatifs de phénomènes à succès. L’Oculus Rift pourrait alors devenir une sorte de remède à notre insatisfaction dans la vie réelle.

Bien évidemment, ce ne sont que des conjectures, dont la probabilité d’occurrence est difficile à évaluer ; néanmoins, c’est une vision à laquelle j’estime important de réfléchir. Trop souvent, on a tendance à vanter les bienfaits des nouvelles technologies, sans pour autant réfléchir à leur portée sur le sens de notre existence.

 

 

 

 

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