Un mois de juin chargé

            Le mois de mai a été globalement calme, malgré quelques séances difficiles lors des quinze premiers jours. Le mois de juin lui, s’annonce plus mouvementé et ce dès cette semaine. En effet, plusieurs rapports économiques mais aussi des meetings importants ont eu lieu ou auront lieu. Tous ces rendez-vous pourraient engendrer de la volatilité sur les marchés et déclencher certaines opportunités. Voici un bref aperçu de ce qu’il ne faut pas rater :

  • Publication de données en masse:

Des données économiques, nous allons en recevoir un paquet cette semaine grâce à la publication de plusieurs rapports économiques majeurs. Le plus attendu : le rapport du Ministère du Travail sur les emplois mensuels (U.S). Il sortira vendredi et l’on prévoit qu’en mai, 160 000 emplois ont été ajoutés à l’économie, au même rythme que le mois passé. Cependant, plusieurs économistes de Wall Street appellent à la précaution : la grève des employés chez Verizon Communications peut avoir faussé les chiffres. En effet, depuis mi-avril, plus de 36000 employés de la compagnie font grève, s’opposant à la délocalisation des emplois. C’est la grève la plus importante aux Etats-Unis depuis 2011.

Voici l’agenda de la semaine :

Lundi 30 mai :

  • Ventes au détail (Japon)
  • Produit Intérieur Brut (France)
  • Consommation des ménages (France)
  • Consommation des ménages (zone Euro)

Mardi 31 mai :

  • Dépenses des ménages (U.S.)
  • Revenus des ménages (U.S.)
  • Confiance des consommateurs (U.S.)
  • Ventes au détail (Allemagne)
  • Indice Case Shiller des prix de l’immobilier (U.S.)
  • Indice PMI de Chicago (U.S.)
  • Production industrielle (Japon)

Mercredi 1er juin :

  • Indice PMI manufacturier (Japon)
  • Indice PMI manufacturier (France)
  • Indice PMI manufacturier (Allemagne)
  • Indice PMI manufacturier ( zone Euro)
  • Indce ISM manufacturier (U.S.)
  • Publication du Livre beige de la FED (U.S.)
  • Les ventes d’automobiles (U.S.)

Jeudi 2 juin :

  • Confiance des consommateurs (Japon)
  • Décision de la politique monétaire (BCE)
  • Intervention  du président Mario Draghi (BCE)

Vendredi 3 juin :

  • Balance commerciale (U.S.)
  • Créations d’emploi (U.S)
  • Taux de chômage (U.S.)
  • Ventes au détail (zone Euro)

 

Les rendez-vous importants du mois de juin :

  • 2 juin – Réunion de l’OPEP :

La dernière réunion de l’OPEP, qui date 17 avril, n’avait pas permis de convenir d’un plafonnement du niveau de production mondiale. En effet, malgré la chute des prix du pétrole que de nombreux pays producteurs souhaitaient stopper, les différents politiques entre l’Iran et l’Arabie Saoudite avaient bloqué l’ensemble des négociations. Le prix du pétrole a dépassé pour la première fois depuis octobre 2015 la barre des 50 dollars le baril. Ceci est du à une combinaison de facteurs : des perturbations de l’approvisionnement, des espoirs de reprise pour la demande du brut et un déclin des inventaires américains. Tout cela a apporté une bouffée d’optimisme aux traders. La réunion des membres l’OPEP prévue jeudi à Vienne, pourrait fournir des informations supplémentaires aux investisseurs sur l’état actuel de la production mondiale. Toutefois, les analystes ne s’attendent pas à accord sur un plafonnement de la production mondiale, surtout depuis la belle reprise des prix depuis mi-février, où l’or noir était à 27 dollars le baril. Les relations entre l’Iran et l’Arabie Saoudite n’ayant pas connu d’amélioration ces dernières semaines, et la hausse des prix, rendent un accord sur la limitation de l’offre mondiale moins pressant. Pour Alexandre Baradez, stratégiste chez IG France, « Après le puissant rallye [des cours du pétrole] de février à mai, le risque d’un impact sur les cours est cette fois-ci bien réel en cas de nouvel échec ou d’accord partiel. Le marché commencera à penser qu’un accord à l’échelle mondiale est impossible et dans un contexte où les stocks mondiaux sont toujours très élevés avec une demande peu dynamique, le risque de correction des cours [du pétrole et des indices boursiers] est important ».

  • 2 juin – la Banque Centrale Européenne :

L’OPEP n’est pas le seul rendez-vous important de ce jeudi. La Banque Centrale Européenne fera une annonce demain avant le discours de son président, Mario Draghi. Les économistes ne prévoient pas de changement radical dans la politique européenne. Howard Archer, chef économiste européen chez IHS global Insight affirme que «même si la Banque Centrale Européenne va affirmer qu’elle est prête à prendre des mesures plus stimulantes si besoin, elle annoncera surement que certaines mesures dévoilées en mars dernier sont sur le point de porter leurs fruits, ou vont être implémentées incessamment». La réunion de la BCE sera malgré tout suivie avec grande attention, surtout que les dernières données économiques ont révélé que la zone Euro est entrée en légère déflation depuis mi-avril, une mauvaise nouvelle pour les régulateurs européens qui ont été désireux d’alimenter la hausse des prix. Les chiffres de l’inflation en zone Euro, qui seront publiés mardi 31 mai, sont de nouveau attendus en territoire légèrement négatif en rythme annuel. Or, c’est précisément le risque déflationniste que la BCE essaie de combattre à travers son actuel plan de relance monétaire. Ainsi, même si l’inflation reste négative en Europe, la BCE ne devrait plus aller dans le sens d’une accélération de son plan de relance monétaire comme elle l’avait fait fin 2015 et début 2016.

Mais le mois de juin dure bien plus qu’une semaine, et les rendez-vous majeurs continueront de s’enchaîner :

  • 15 juin – Communication de la FED

Les membres FED ont été clairs:  la montée des taux cet été est une possibilité réelle. Ceci a été confirmé vendredi par Madame Yellen qui a affirmé qu’une montée des taux dans les « prochains mois » serait une décision judicieuse. Mais les membres des banques centrales ont répété que cette décision dépendra fortement des données économiques à venir, notamment celles qui sont publiées cette semaine.

  • 23 juin – le vote sur le Brexit :

Le rendez-vous le plus attendu de ce mois de juin reste sans aucun doute le vote sur le « Brexit » qui dépasse la sphère purement économique. Ce n’est que dans les derniers sondages qu’un écart s’est creusé, favorable au partisans du maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union Européenne. Ceci a permis à la livre sterling, qui souffert des craintes liées à un potentiel « Brexit » jusqu’au mois d’avril, de retrouver quelques couleurs en mai. Toutefois, il ne faut pas être trop optimiste. Cet excès de confiance, si s’en est un, est susceptible de s’atténuer quelques jours avant le vote, ce qui pourrait ramener de la volatilité.

  • 26 juin – les élections en Espagne:

Les nouvelles élections en Espagne seront la dernière échéance majeure du mois de juin. Suite aux élections législatives de décembre dernier et à l’incapacité des partis de former des alliances, le Parlement s’est fragmenté. D’un point de vue des marchés, une montée de la gauche radicale pourrait être problématique, au moment même où le budget espagnol est scruté par Bruxelles.

Marc Zaidan

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